Friday, October 7, 2011

L'art du déséquilibre

J'ai remplacé comme professeur lors du cours d'aikido du jeudi soir. C'est toujours intéressant d'enseigner à un groupe différent que celui du lundi. Ça me permet de tester mon enseignement sur d'autres personnes et voir les résultats. Encore une fois, j'ai axé sur le déséquilibre. J'ai compris que beaucoup (moi inclus) ont de la difficulté avec des techniques, mais ce n'est pas parce qu'ils ne connaissent pas la technique. Au contraire, ils la connaissent bien et savent parfaitement comment l'exécuter.

Le problème se situe avant la technique.

Afin de maîtriser quelqu'un, ou de le faire tomber, il y a trois portions à inclure : esquive, déséquilibre, technique. L'esquive est rarement oubliée. Si on l'oublie, on reçoit le coup et on s'en souvient facilement par la suite. La technique, difficile encore de ne pas en tenir compte, car elle porte un joli nom en japonais propre à chaque technique, elle comporte des variantes et des mouvements qui sont clairement visibles.

Qu'en est-il du déséquilibre? Il porte aussi un nom en japonais: kuzushi. Il possède aussi une subtilité présente dans chaque technique et rend le uke (partenaire) dans un état d'inconfort qui est profitable à tori (la personne exécutant la technique). Cependant, je vois ce déséquilibre poussé à l'écart ou encore plus décevant : fait, mais non utilisé.

Mais qu'est-ce que le déséquilibre ? Comment le reconnaître ? Comment s'assurer qu'il est bien fait ?



Le déséquilibre est défini comme une "absence d'équilibre" et l'équilibre par un "état de repos d'un corps soumis à des forces égales et contraires qui s'annulent. État d'un corps qui se tient debout. Stabilité. Harmonie. Calme, pondération, mesure." Le déséquilibre est donc lorsque le corps est soumis à des forces inégales, ne se tient pas debout (ou difficulté à), est en mouvement (instabilité), est discordant, en manque de contrôle.

Il est facile que reconnaître le déséquilibre dans la vie de tous les jours. Que se soit l'hiver lorsqu'on glisse sur le trottoir, qu'on est accroché en marchant ou que l'autobus tourne tandis qu'on est debout. En fait, on combat constamment le déséquilibre tous les jours. Marcher est un acte de déséquilibre contrôlé, courir, faire du vélo, baseball, tennis, soccer, gymnastic, etc.. Tout ce qui contrevient à la notion d'équilibre est donc du déséquilibre. Lorsque contrôlé, il n'est pas vu comme contraire au calme et à l'harmonie.

Pourtant, nous ne contrôlons pas tous les déséquilibres. On tombe, on perd pied, on échappe quelque chose, on tente de se rattraper. Une personne en déséquilibre cherchera automatiquement à retrouver cet équilibre. Le corps le fait tout seul. C'est dans cette zone d'inconfort que nous voulons allez dans l'aikido.

Une personne est en équilibre lorsque son centre de gravité dépasse le cône de stabilité. Le cône de stabilité est la zone où le corps peut se mouvoir (gauche, droite, avant, arrière) sans avoir à déplacer une jambe, par exemple. Tant que le centre de gravité sera dans cette zone, le corps restera en équilibre. Aussitôt qu'il sort de cette zone, il y a déséquilibre et le corps réagira pour se rééquilibré; soit en déplaçant son cône de stabilité. Une fois le centre de gravité dans une zone confortable, l'équilibre est rétablie.

Afin de faire tomber quelqu'un, il faut créer l'opportunité, par l'esquive, de déplacer le centre de gravité en dehors du cône de stabilité et le plus important, de le maintenir en permanence en dehors de ce cône. La seconde portions est donc de maintenir le déséquilibre plus que de le créer. Tant que le partenaire sera dans cette position, il sera vulnérable et soumis au contrôle d'une clé.

De ce fait, toutes techniques devient beaucoup plus efficace, plus facile et surtout avec un moindre effort, lorsque le partenaire est déséquilibré. Il n'est donc pas nécessaire de compenser avec de la force, qui sera automatiquement donnée à notre partenaire.

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